Révélation d’un jeune talent: Mael Granig publie Les héritiers de Nusofi

Pur hasard ou signe destin ou les deux à fois ? Au moment même de la sortie du film “Star Wars, le réveil de la force”, un tout jeune auteur de 21 ans Mael Granig sort son premier roman “Les héritiers de Nusofi”. En fait Mael malgré son jeune âge n’est pas tout à fait un débutant car avant de publier ce roman, il s’était exercé à l’écriture de nouvelles qu’il partageait dans un cadre confidentiel. Il confiait récemment au quotidien “Le Télégramme”:
“J'ai écrit ce roman en deux ans. L'action se déroule sur une planète imaginaire, j'ai inventé les pays et les langues. Ce monde à part, c'est la fédération d'Alénie où règne la misère ; un conflit éclate, entraînant la guerre civile. Le principe est de suivre deux, trois personnes dans cette guerre, des rebelles, des gens qui ne sont pas préparés à la guerre, ce qui donne lieu à différents points de vue, car ils viennent tous d'horizons différents. On découvre le contexte géopolitique et la psychologie. La guerre n'est certes pas un thème joyeux, mais le fait d'en parler sur une planète qui n'est pas la nôtre permet de laisser libre cours à l’imagination.”
Outre son bagage linguistique en anglais, espagnol, russe et sa passion pour la science fiction comme “Star Wars”, Maël écrit, lit couramment le breton , y compose des poèmes et marque sa sensibilité artistique en chant breton, flûte irlan¬daise, et bombarde. Un CV intéressant qui ne laissera pas indifférent.
Pour situer le cadre, Nusofi était, dans l’univers du livre, un général ambitieux qui avait permis l’extension territorial ainsi que la consolidation territoriale de la fédération d’Alénie. Représentant l’apogée du pays, c’est son nom qui est choisi par les rebelles de la « Ligue Nusofi ».
« II y a quarante ans de cela la fédération d'Alénie perdait une guerre contre son puissant voisin Ulterre, rival historique du lointain Empire kaemien. La défaite a permis à Ulterre d'installer à la tête de la fédération un militaire qui lui soustrait toute souveraineté, plongeant depuis le peuple alénien dans la misère et imposant la langue ainsi que la culture ulterrienne. Dans ce contexte tendu, les émeutes se sont multipliées jusqu'à aboutir à la création d'une organisation paramilitaire secrète soutenue par l'Empire kaemien : la Ligue Nusofi. Cette dernière s'est fixée pour objectif de renverser le gouvernement corrompu.
Le 1er nouvosoleil 1471 après Itsiv, la Ligue Nusofi passe à l'action dans la ville de Septéï, au nord du pays, et cela pourrait bien marquer le début d'une véritable guerre civile. »
Ainsi donc est présenté ce roman par l’éditeur. Si le lecteur cherche un rapprochement avec des contrées terriennes connues, il pourra situer le théâtre d’opération quelque part dans les Balkans ou dans un Moyen-Orient chaotique enjeu de toutes les influences extérieures. Si la description physique qu’en fait le jeune auteur nous placerait volontiers dans ces lieux, par transposition mentale la « Ligue Nusofi » pourrait aussi être une Bretagne en lutte pour sa souveraineté. Maël n’étant pas tout à fait un inconnu chez les militants bretons il est difficile d’imaginer qu’il ne soit pas influencé par son environnement culturel.
Le récit:
On passe une longue première partie en compagnie de trois personnages re¬belles Kel, Niar, Oméïs, impliqués dans une guerre civile en fédération d'Alénie. Dans cette partie nous sommes dans le roman psychologique. On sent que quelque chose se prépare, le combat véritable n’est pas encore engagé et l’auteur prend son temps à décrire ses personnages avec leurs caractères, leurs états d’âme avec une telle sensibilité que ce roman pourrait être un récit autobiographique. Niar est ce jeune étudiant qui entre scène à partir de la quarantième page, après bien des hésitations et réflexions il va finir par s’engager mais fort de son inexpérience militaire, il aura plus de questions que de réponses sur son action. Des questions sans doute qu’un militant se pose parfois sans lyrisme face à une réalité où ceux qu’il trouve face à lui ne sont pas que des ennemis étrangers venus de loin mais des hommes issus de son peuple et qui par soumission ou conditionnement se sont rangés du côté “légitimiste” du pouvoir occupant. Toute ressemblance avec des situations connues n’est pas forcément fortuite mais le dur réalisme psychologique prêté par Maël à ses personnages étonne pour un auteur si jeune.
Le lecteur aura le temps de s’imprégner des personnages au point que ceux-ci deviennent progressivement ses intimes voire de s’y reconnaître, on s’y attache et puis arrive le moment où tout bascule. Arrivé au terme de ce premier roman, il est bien difficile de ne pas être secoué par le réalisme du vécu d’une guerre civile dont on voudrait que la suite apporte un apaisement. A sa façon ce roman écrit par un militant breton sincère est une mise en garde contre des situations qui à cause de la surdité des pouvoirs d’occupation amène les violences les plus intolérables, celles des guerres civiles qui placent des membres d’une même famille, d’un même peuple dans des camps opposés.
Ce second volet à paraître l'été prochain 2016, dénommé « Vents et poussières d'Elti », est déjà rédigé : on y retrouvera les mêmes personnages qui évolueront toujours dans un contexte de conflit.
Réalisation:
Pour l'illustration de la couverture, Mael a fait appel à deux partenaires : Lucas Loussouarn pour le graphisme et Mélanie David pour la couleur.
La publication s'est faite par le biais d'une plateforme d'autoédition sur site internet.
Et plus tard ?
À la question de savoir si auteur de science-fiction deviendra son métier, Mael préfère attendre le verdict des lecteurs ! Quant à nous à Bretons du Monde-OBE, nous le verrions bien évoluer dans une carrière chez l’éditeur breton UbiSoft, qui à l’instar de la série “Assassin’s Creed” (*) serait bien inspiré de produire un jeu sur fonds d’une histoire de la fondation de Bretagne avec tout l’imaginaire arthurien qui l’accompagne mais celà ne dépend pas de nous.
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Lien pour le site lulu.com : [Lien]
(*) JL Mélenchon s’est insurgé de la représentation des personnages historiques qui est faite dans cette production d’Ubisoft. Venant de cet homme politique, sa critique négative est le meilleur hommage qu’il puisse rendre à la qualité du sénario.